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Ven, Déc

Entretien personnalisé avec M. Jean-Jacques Bolzan, Président du MIN de Toulouse

Rencontres

« Le MIN de Toulouse, le plus gros carreau de producteurs de France »  

Adjoint au maire de Toulouse, Président du MIN de Toulouse et récemment élu Président de la Fédération des Marchés de Gros de France le 11 septembre 2014, Jean-Jacques Bolzan recevra en exclusivité les adhérents du CIRT pour leur faire découvrir les coulisses du MIN de Toulouse.

Le CIRT : Bonjour Président, et merci de nous accueillir au MIN de Toulouse, connu anciennement comme « Marché Gare de Lalande. Quel est le rôle actuel du MIN dans l’approvisionnement de la Métropole ?
J-J.B. : Pour la petite histoire, avant même le marché Gare de Lalande, le marché était situé à Arnaud Bernard. Que se soit à Toulouse ou ailleurs en France,  les MIN avaient une image un peu veillotte. L’objectif aujourd’hui est de dynamiser les outils économiques que sont les marchés d’intérêts nationaux ou les marchés de gros de manière générale. Plusieurs choses ont évoluées. A commencer par la gouvernance avec un changement de Président et de direction, et une implication plus grande des élus du conseil d’administration en lien avec les acteurs économiques du MIN. Je suis profondément attaché à la discussion. Et je pense que ce soient les professionnels comme nous élus ou les équipes du MIN, ils doivent être écoutés, entendus pour apporter à l’agglomération toulousaine et à toute la région les produits alimentaires de qualité nécessaire pour les marchés et commerces de proximité.
Le CIRT : Pouvez-vous définir le poids économique du MIN en quelques chiffres (nb de producteurs, nb d’opérateurs, surface des locaux, CA et nb d’emplois directs et indirects liés au MIN) ?
J-J.B. : Nous avons 4000 acheteurs, 233 000 tonnes de produits commercialisés, 450 producteurs locaux en fruits et légumes, plantes et fleurs. Ensuite, nous avons 147 opérateurs. Une surface de 20 hectares dont 8 construits. Le CA s’élève à 6,7 millions d’euros pour la SEM et 333 millions d’euros pour les opérateurs du MIN. 915 emplois directs (38 employés de la SEM et 850 salariés et opérateurs) et indirects sont liés du MIN. C’est un tissu économique régional qui a une grande importance mais peu connu des élus, du grand public et des institutions. Nous avons donc une politique commerciale et de communication importante à développer.

Le CIRT : Pourriez-vous nous préciser ce qu’est un opérateur ?
J-J.B. : C’est une entreprise implantée sur le MIN qui commercialise des produits (fruits et légumes, poissons, fleurs, viandes). Nous avons également des transporteurs, des entreprises du tertiaire…on retrouve de tout. Prochainement, nous allons accueillir Pôle Emploi.
Les opérateurs achètent aux producteurs locaux sur le MIN, mais ils peuvent aussi s’approvisionner sur d’autres marchés nationaux et internationaux comme Rungis. Au niveau de la Fédération, nous travaillons avec tous les marchés de gros afin de pouvoir déterminer la part de marché qui provient de l’extérieur.
A Toulouse, nous avons quand même 450 producteurs. ! C’est le plus gros carreau de producteurs de France.

Le CIRT : Quels sont les objectifs de développement pour les prochaines années ?
J-J.B. : Au niveau du MIN, nous avons un taux d’occupation très important. Au niveau de la Fédération des Marchés de Gros, j’ai mis en place plusieurs commissions thématiques pour travailler sur l’avenir. Un groupe de travail « du producteur au commerçants » a pour but d’améliorer le rôle des producteurs auprès des marchés de gros. Une autre commission traite les problématiques liées à la réglementation et à l’urbanisme. Le MIN de Toulouse est très bien placé à l’entrée de la ville. Ça peut être une base logistique intéressante en termes de derniers kilomètres. Ensuite, un 3ème groupe mène une réflexion sur la logistique urbaine et le développement durable. La 4ème commission œuvre sur les nouveaux modes de consommation pour répondre à une évolution sociétale importante. Enfin, le dernier groupe est missionné sur le social, l’emploi et l’information d’où le rapprochement avec le Pôle Emploi et des syndicats professionnels.

Le CIRT : La création d’une grande Région va-t-elle avoir des répercussions sur l’activité du MIN ?
J-J.B. : En tant que Président National, je travaille déjà avec les villes de Montpellier et de Perpignan. Avec la nouvelle grande région, nous allons avancer de manière plus concertée en mutualisant très certainement des moyens. Je vais surtout m’attacher à œuvrer en synergie afin que les marchés de gros travaillent avec la marque labélisée et connue « Sud de France » attachée au Languedoc Roussillon.

Le CIRT : Etes-vous partie-prenante de la démarche Qualivore initiée par L' Irqualim en Midi-Pyrénées ?
J-J.B. : Nous ne sommes pas partenaire mais je serais intéressé à l’idée de travailler sur cette démarche dès lors que la nouvelle Région sera opérationnelle.

Le CIRT : Faites nous rêver, qu’allez-vous nous faire visiter ?
J-J.B. : Vous allez rentrer à 6h30 dans le ventre de Toulouse. C’est de là que partent toutes les denrées alimentaires que vous trouvez dans 95% des marchés toulousains et des commerces de proximité. Vous allez voir tous les camions, les acheteurs, les producteurs…en fait tous les acteurs qui permettent que tous les produits de qualité (traçabilité totale) soient livrés le plus tôt possible dans les marchés et commerces toulousains. Vous verrez ce que vous avez dans vos assiettes le midi ou le soir.
Et le MIN existe par qu’il y a des commerces de proximité. Et le commerce de proximité ne peut vivre sans cette centrale d’achats que sont les marchés de gros. Le lien avec les commerces de proximité est primordial. C’est en quelque sorte le premier lien social dans une ville.

 

Merci à Jean-Jacques Bolzan pour cette « mise en bouche ».

RDV les 26 juin et 8 juillet prochains pour la visite matinale du MIN de Toulouse !

| Entretien réalisé par Agnès Consariand, Impact Evolution pour "En Direct du CIRT" 12 juin 2015.

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