Sidebar

18
Ven, Oct

Entretien personnalisé avec M. Thierry Gless, Directeur territorial du groupe GrDF

Rencontres

Le CIRT : Bonjour M. Gless et merci de nous accorder un peu de votre temps au sujet de la loi sur transition énergétique

T.G. : Bonjour et meilleurs vœux pour l’année 2015 ! La Transition énergétique, sujet très complet que nous évoquerons ensemble le 29 janvier dans les locaux de GrDF.

Le CIRT : Merci ! Quel est l’état des lieux avant la loi sur la transition énergétique et que va-t-elle apporter ?

T.G. : L’objectif des pouvoirs publics et du Gouvernement, c’est que d’ici le printemps et avant l’été la loi soit adoptée. Des travaux ont été lancés après l’élection de F. Hollande. Un gros travail a été effectué au niveau des régions sur la transition énergétique en 2013. Celui-ci s’est clôturé par une grande conférence en septembre 2013 relatant les différents résultats remontés du terrain. Un chantier d’écriture d’une nouvelle loi s’est alors enclenché, en tenant compte de ce qu’imaginaient les pouvoirs publics tout en intégrant les remarques recensées. Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie a présenté fin novembre un premier projet au Conseil des Ministres. Les discussions parlementaires reprendront à partir de fin janvier pour que cela se concrétise par une loi avant l’été.

Le CIRT : Il s’agit d’une réflexion déjà initiée depuis fort longtemps?

T.G. : Oui car il a fallu le temps des premières réflexions issues notamment du protocole de Kyoto, de la création du GIEC (le Groupe Inter Gouvernemental pour l’Environnement et le Climat),… pour arriver à poser les enjeux et les objectifs pour la fin du 21ème siècle. Dans les années 90, les européens ont été exemplaires mais les résultats attendus n'étaient pas à la hauteur des enjeux. A partir des années 2000, force était de constater qu’il fallait être plus énergique et plus volontariste. N. Sarkozy a lancé le Grenelle de l’environnement et F. Hollande, a poursuivi cette volonté d’afficher des objectifs très volontaristes. La présence des écologistes associés au gouvernement a d’ailleurs permis de poser des objectifs ambitieux. Il y a donc une volonté très claire du Gouvernement de mettre en place des orientations efficaces d’où l’objet de cette loi qui devra faire passer ces orientations dans les faits.

Le CIRT : D’autres solutions énergétiques sont-elles à l’étude ? Y-a-t-il déjà des tests effectués ?

T.G. : Des solutions existent mais nous ne sommes pas encore au stade de remplacer le nucléaire, dans l’immédiat en France ! Pour GrDF, nous savons qu’il y aura bientôt des solutions permettant de stocker de l’électricité produite par les éoliennes (à des moments où il n’y a pas de consommateurs), en produisant l’hydrogène et en l’injectant dans le réseau de gaz. Mélanger de l’hydrogène avec du CO2 émis est un processus chimique qui transforme les molécules d’hydrogène en CH4 (Méthane). Ce qui est après tout le gaz naturel ! Il y a des pilotes semi-industriels et industriels qui existent. Tout cela est à l’étude. Mais, en 2050, le paysage énergétique ne pourra pas avoir entièrement changé : 40 ans c’est la durée de développement de solutions alternatives et de construction, et les investissements sont colossaux ! Chez GrDF, nous parlons de « diversifier le mix énergétique français ».. Il faut développer les énergies renouvelables, complémentaires au gaz naturel. Par exemple nous proposons pour les constructions neuves  de logements de coupler du solaire thermique avec une chaudière gaz. Les exemples sont nombreux…

Le CIRT : Dans ce contexte il semblerait que l’innovation ait une place importante dans les objectifs que nous devons atteindre ?

T.G. : En effet, l’innovation, est primordiale. Plus précisément il y a 2 secteurs qui sont très importants à développer et qui n’existent que très peu aujourd’hui : le gaz naturel véhicule (on considère que  42 % de l’énergie utilisée pour se déplacer sera du gaz naturel en 2050) et l’innovation concernant le bio méthane.

Le CIRT : La Transition énergétique, une opportunité de relance à terme ?

T.G. : Dans ce scénario en 2050 nous dépassons le caractère immédiat de la relance économique. Mais clairement ce sont des activités nouvelles qui se précisent. On prépare l’activité économique de demain. Il faut être prudent dans la manière de dire que cela favorisera la relance économique car cela va prendre du temps. La mise en œuvre, peut éventuellement créer de l’activité économique pour un certain nombre de sociétés.

Le CIRT : L’impact de la loi sur les entreprises du BTP

T.G. : C’est le volontarisme affiché pour les 500.000 logements à rénover chaque année. Nous, nous tablons plutôt sur 400.000 logements dans notre scénario. Parce que, en face il faut aussi que les gens puissent investir.

Le CIRT : Des aides existent-elles ?

T.G. : Oui, il y a des aides. Nous avons fait un calcul, assez surprenant…Pour passer d’une maison chauffée à l’électricité (de 110m2, occupée par 4 personnes avec des revenus de moins de 39.000 € par an) à une maison chauffée au gaz, côuterait 15.000 €. (Achat d’une nouvelle chaudière et petits travaux d’isolation de base pour consommer moins d’énergie). Sur ces 15.000 €, ce ménage peut bénéficier en cumulé de 80 % d’aides et de subventions diverses. Donc,si la rénovation côute 15.000 €, il n’aura à débourser qu'un peu plus de 2.000 €. C’est remarquable ! Il y a une réalité derrière tout ça. C’est un cas particulier, très ponctuel, mais des évolutions sont possibles.
A noter, un certain nombre d’aides sont conditionnées par la constitution d’un bouquet de travaux. Certains travaux sont parfois chers eu égard aux économies d’énergie réalisées, mais se justifient dans le cadre d’un ensemble de travaux qui améliorent beaucoup le confort (bas de fenêtres par exemples).

Le CIRT : Y a-t-il un encouragement ou un label de bonne conduite pour que les entreprises du BTP « jouent le jeu » ?

T.G. : Les pouvoirs publics ont mis en place le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), c’est un certificat obligatoire pour les entreprises qui travaillent sur des chantiers bénéficiant des aides et subventions sur le développement durable. De notre côté nous nous appuyons sur les professionnels les plus dynamiques. Notre objectif est de développer les solutions. Pour vous donner un ordre d’idée, une maison qui a été construite il y a 15 ans, de 110 m2, 4 personnes, c’est environ 18.000 Kilo Watts par an pour tous les usages. Aujourd’hui, avec la RT 2012 (la nouvelle règlementation thermique), la consommation annuelle est à 6.000 Kw, la consommation annuelle est donc divisée par 3 ! C’est énorme !

Le CIRT : les industriels ont-ils également des aides particulières ?

T.G. :  Pour les industriels c’est un peu plus compliqué car les subventions sont moins automatiques, moins standardisées. Cela dépend aussi des Conseils Régionaux. C’est un sujet important sur lequel on ne peut travailler qu’au cas par cas, il n’y a pas vraiment de solution standard, simplement des références chez d’autres industriels.. La rénovation énergétique concerne surtout les logements. Par contre l’ADEME propose des programmes adaptés pour les industriels. Elle s’engage pour moderniser un certain nombre de choses… elle a des objectifs ponctuels comme par exemple le Fond Chaleur qui encourage l’utilisation du bois comme source de chaleur. Certains industriels l’on déjà bien compris comme les menuiseries et les papeteries.

Merci Thierry Gless.


En conclusion, la communication est principalement concentrée sur les logements mais il y a aussi des enjeux forts pour les industriels. Le paysage énergétique devrait se modifier sans révolution complète d’ici 2050 avec plus d’énergies renouvelables accompagnées d’une baisse de la consommation d’’énergie.
Des informations complémentaires, des anecdotes, sont entre autres au programme de votre prochaine conférence  18-20h du CIRT.
Nous sommes donc impatients de vous retrouver le 29 janvier à GrDF !

| Entretien réalisé par Impact Evolution - 15 janvier 2015.

 

0
0
0
s2sdefault
powered by social2s