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Mar, Jui

Entretien personnalisé avec Michel Attal, Directeur Général de l’Institut Universitaire du Cancer Toulouse Oncopole

Rencontres


Le CIRT : Bonjour M. Attal, merci beaucoup de nous accueillir à l’Oncopole et de nous consacrer un peu de votre temps si précieux.
M.A : Bonjour au CIRT et bienvenue à l’Oncopole.

Le CIRT : Comment est né un projet aussi ambitieux ?

M.A. : Il est né il y a une dizaine d’années à la suite de  l’explosion d’AZF et de l’idée de M. Douste Blazy, (à l’époque Maire et Ministre de la santé) de vouloir construire un pôle santé sur ce site sinistré. C’était clairement son idée, sa volonté et son souhait.
L’idée était de regrouper des industriels du médicament, des structures de soins publiques et privées et des structures de recherches publiques et privées. C’est vraiment ce qui en fait l’originalité. C’est une ambition absolument incontestable et unique et France. Ce qui explique la genèse de 10 ans.
Le bâtiment en lui même est aussi très ambitieux puisqu’il vise à réunir des structures de soins qui étaient complètement concurrentes : le centre de lutte contre le cancer et le CHU et de les accoler à des structures de recherches fondamentales. Ca aussi c’est une grande première en France !


Le CIRT : Pourquoi le choix de ce lieu et qu’elle est votre organisation ?
M.A : Pas forcément le lieu le plus adapté, mais finalement c’était un symbole. Il est toujours difficile de faire fonctionner un nouvel hôpital moderne tant l’implication des plateaux techniques est importante. Et il est hors de question pour nous ici, d’avoir tous les plateaux techniques. Or les malades en ont besoin ! Il faut donc que l’on s’organise au sein du maillage de Purpan et de Rangueil. Il faut savoir qu’en Midi Pyrénées, la moitié des malades étaient traités en dehors du centre anticancéreux et du CHU . Il nous semblait alors aberrant de « laisser tomber » cette moitié des malades et donc, le projet est encore plus ambitieux puisqu’il se veut fédérateur des 64 établissements de la Région qui ont des autorisations de soins en cancérologie. Nous travaillons ensemble et nous représentant « l’IUCT Midi-Pyrénées », un groupement général Midi-Pyrénées. Les partenaires de Pasteur, de la clinique de Lormont à Tarbes,…sont intégrés dans cette réflexion et dans cette organisation.
C’est donc régional et pas seulement toulousain…

Le CIRT : Quel est le coût d’un tel projet ?
M.A. : La construction du bâtiment lui-même est un projet à 310 millions d’euros, 70.000 m2 (bâtiment, et hospitalier uniquement).
Le CIRT : Quel est la place de l’Oncopole vis-à-vis des hôpitaux de Toulouse?
M.A. : Il faut bien voir qu’avant la création de cette structure, l’Oncologie à Toulouse était une Oncologie éclatée : il y avait des malades qui étaient au CHU (Purpan, Rangueil, Larrey), à l’ancien Institut Claudius Régaud et des malades qui étaient dans le privé. L’idée a premièrement été de structurer l’offre publique (ICR et CHU) et ainsi d’arrêter de se « faire concurrence ». Nous avons rassemblé des activités médicales sur un site unique. Cependant, ici nous n’avons pas toute la cancérologie ! Nous avons effectué un bouleversement total en répartissant, en sectorisant les activités sur les 3 sites de Purpan, Rangueil et l’Oncopole. Par exemple l’hématologie est à l’Oncopole alors que l’oncologie digestive est à Rangueil. Tout ceci afin que tous les moyens, les médecins et personnels soignants et les plateaux techniques soient disponibles.

Le CIRT : Mais les nouveaux outils de l’Oncopole sont-ils toutefois accessibles aux autres ?
M.A.. : Bien entendu ! Sur ce site, nous avons positionné tous les outils modernes de l’Oncologie, qui devaient être revisités parce qu’obsolètes ou pas disponibles dans la structure antérieure. Ces nouveaux outils bien entendu accessibles à tous nos partenaires, sont une étape dans la ré-organisation du pole public de cancérologie. Et, comme je vous l’indiquais tout à l’heure, on a souhaité que cette organisation là se fasse pour les malades de la Région, qu’ils soient dans les hôpitaux généraux ou les cliniques privées. Nous avons regroupé, pris en charge tous ces établissements dans une structure juridique qui est un GIP. Ces établissements, et les malades de ces établissements ont donc absolument accès à tous ces nouveaux plateaux techniques, ces innovations technologiques, ces activités de recherches,…

Le CIRT : Quelle est la position de l’Oncopole à l’échelle nationale et internationale ?
M.A. : Pour le moment, nous devons rester très modeste… même si nous avons une ambition  nationale et internationale. Les services qui se sont regroupés ici sont déjà internationaux, ils avaient déjà des activités et des projets à l’international.  Maintenant sur ce site, on réapprend tous à travailler ensemble les uns à côté des autres. Il est donc clair que cet établissement doit structurer l’offre de soin régionale au mieux par ses connexions afin qu’elle soit d’excellente qualité. Bien entendu, ce que l’on espère, c’est qu’au fil du temps, la synergie entre ces services qui avaient une activité internationale fasse que, l’établissement lui-même acquiert une reconnaissance internationale.

Le CIRT : Toulouse, ville remplie de ressources…
M.A. : Certes avoir le médicament c’est incontestable mais l’oncologie à beaucoup à voir avec quasiment toutes les technologies : la robotique, l’informatique, l’imagerie, les matériaux,… Je pense que, de la connaissance mutuelle on irait vers plus de synergies. L’oncologie, c’est déjà beaucoup de robotisation et se sera toujours plus de robotisation. Que se soit dans la délivrance de médicaments, dans la gestion du malade et de ses inconforts. Mais c’est aussi énormément d’électronique… Toulouse est donc une ville adaptée car elle a déjà développé ces technologies par ailleurs.  L’innovation, il n’y a donc pas que le médicament !

Le CIRT : En conclusion?
M.A. :  Ce type d’établissement est à la fois original et unique par son architecture, sa luminosité, sa volonté d’afficher le cancer. C’est un lieu de vie où des personnels ont exclusivement décidé de consacrer leur volonté à lutter contre ce fléau….Il n’y a pas de faux semblant on a pas un nodule, on a un cancer et on le traite. Vous voyez des gens qui sont souriants,… Je crois que la naissance de ces établissements va faire changer drastiquement l’image du malade du cancer.

Merci beaucoup Monsieur Attal…. Nous sommes impatients de découvrir ce lieu à l’architecture lumineuse, lieu ambitieux d’innovation et de fierté régionale…

| Entretien réalisé par Impact Evolution pour "En Direct du CIRT" 12 septembre 2014.

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